L’industrie européenne fragilisée : pourquoi la reconversion circulaire devient une alternative crédible pour les sites en difficulté

L’industrie européenne traverse une zone de turbulence : recul de la production, sous-utilisation d’usines historiques, montée en puissance des acteurs asiatiques, exigences environnementales plus strictes. Dans l’automobile, l’électronique, l’électroménager l’appareil industriel européen se fragilise. En France, en Allemagne et en Italie, ce sont plus de 50 grands sites industriels qui se trouvent aujourd’hui en situation de vulnérabilité ou menacés de fermeture.

Cette recomposition difficile génère pourtant des opportunités : la reconversion des usines en hubs d’économie circulaire, capables de préserver l’emploi tout en recréant des chaînes de valeur locales, bas carbone et résilientes.

Une réindustrialisation par la circularité

Quelques chiffres sectoriels permettent de mesurer l’ampleur du défi à relever en Europe.

La production de véhicules légers y est passée de 21 millions en 2019 à 17 millions en 2024 (- 19 %). Sur la même période, les importations de voitures en provenance de Chine ont progressé de 1 591 %. La Chine est maintenant le premier pays d’origine des véhicules importés en UE.

Dans les appareils électroménagers, la capacité de production en Europe se contracte tandis que la Chine a exporté 4,48 milliards d’appareils en 2024 (+21 % en un an).

Dans l’électronique et les TIC, les industries européennes ont vu leur chiffre d’affaires baisser de 7 % en 2024 et la Chine contrôle désormais 40 % du marché mondial.

Cette pression conduit mécaniquement à des fermetures partielles, des réductions d’activité et des friches industrielles à terme.

Mais un autre mouvement de fond joue en sens inverse : l’économie circulaire devient un pilier stratégique des politiques publiques européennes, déjà exprimés dans divers textes structurants (Ecodesign for Sustainable Products Regulation de 2024, Directive 2025/1892 sur les déchets) et en 2026 dans le Circular Economy Act. Ecoconception, réemploi, réparation, reconditionnement, remanufacturing, recyclage : les entreprises sont désormais poussées à intégrer la circularité comme un impératif économique, écologique et réglementaire, bientôt au sein d’un marché unique des matières secondaires.

Plus d’une cinquantaine de sites mobilisables en France, Italie et Allemagne

Dans les filières de l’automobile, de l’électroménager, de la chimie, de la papeterie, nous identifions plus de cinquante grands sites français, italiens ou allemands confrontés à une baisse d’activité ou à un risque de restructuration. En France, plusieurs usines de se situent dans cette zone de fragilité (automobile, aéronautique, électronique). L’Italie observe un phénomène similaire dans l’électroménager et certaines filières mécaniques. L’Allemagne, plus exposée au ralentissement de son industrie automobile et chimique, recense aussi plusieurs sites emblématiques en perte de vitesse.

Ces sites, parfois anciens, souvent sous-exploités, constituent pourtant des infrastructures intéressantes pour accueillir une production circulaire : reconditionnement, démantèlement, réemploi de pièces, recyclage avancé par exemple.

Le cas Renault Flins : la démonstration par l’exemple

Le cas le plus avancé en Europe est celui de Renault Groupe, devenu en 2021 la Refactory de Flins, premier site industriel dédié aux activités d’économie circulaires de la mobilité. Auparavant dédiée à la production linéaire d’automobiles, l’usine a été transformée en un écosystème circulaire multi-activités, multi-marques et multi-entreprises. The Future is Neutral s’appuie sur cette base industrielle pour les activités de ces filiales THE REMAKERS et GAIA, son offre conseil et son innovation HUB.

Les résultats sont déjà là : les emplois sauvegardés et des embauches CDI en cours, plus de 6 millions de pièces traitées chaque année, plus de 50 000 véhicules reconditionnés depuis 2022, 350 000 pièces remanufacturées et 3 000 batteries réutilisées en 2024. En quelques années, ce site est passé d’un site en fin de cycle à une plateforme industrielle intégrant réparation, rénovation, réemploi, et recyclage.

Ce projet démontre qu’un site en transition peut redevenir un acteur clé en combinant efficacité industrielle et activités bas-carbone.

D’autres acteurs commencent à faire évoluer leurs sites vers des activités circulaires. En 2025, le Groupe SEB a par exemple décidé de faire de son site industriel d’Is-sur-Tille, en Côte-d’Or, le premier centre européen dédié au reconditionnement de ses produits électriques, en complément de son rôle historique de centre d’expertise mondiale. 

Un défi industriel, humain et stratégique

Reconfigurer un site pour des activités circulaires reste un processus complexe : il nécessite un modèle économique clair, des flux sécurisés de produits et de matières, des partenariats industriels, un nouvel outillage, et surtout une montée en compétences significative des équipes. Cela implique de combiner expertise stratégique, maîtrise opérationnelle et capacité d’exécution.

C’est précisément l’ambition de la collaboration entre Do Well Do Good (DWDG) etThe Future Is Neutral. Ensemble, elles proposent un accompagnement complet fondé sur un double savoir-faire : d’une part, l’analyse stratégique, la modélisation et le cadrage industriel ; d’autre part, l’expérience opérationnelle issue de projets concrets de transformation, dont La Refactory de Flins est aujourd’hui la référence européenne.

The Future is NEUTRAL propose des solutions d’économie circulaire à destination des acteurs de l’industrie automobile.

  • Sa mission : collecter, démanteler des véhicules hors d’usage, réutiliser, remanufacturer ou recycler les pièces et les matières, pour les réintroduire dans le cycle de vie de l’automobile.
  • Sa ressource : un gisement d’environ 11 millions de véhicules hors d’usage chaque année en Europe.
  • Son engagement : compétitivité industrielle, réduction des impacts environnementaux, souveraineté et innovation.
  • NEUTRAL s’appuie sur l’expertise de ses deux actionnaires : celle de Renault Groupe dans l’automobile et celle de Suez dans la gestion des déchets.

Pour certains des sites industriels fragiles, la reconversion circulaire n’est pas une solution théorique : c’est une opportunité réaliste de maintenir l’emploi, de renforcer la souveraineté industrielle et de créer de nouvelles chaînes de valeur adaptées aux priorités industrielles de l’Europe. La question qui se pose aux industriels n’est pas uniquement de gérer le déclin, mais de choisir les modèles capables de redonner un rôle à leurs infrastructures existantes.